Mon avis sur le Certificat Voltaire

 


J’ai testé le Certificat Voltaire.

Pour une rédactrice web et print, une orthographe irréprochable est le minimum à vous offrir.
Je le savais, mon orthographe était plutôt bonne.
Mais 80 % des Français pensent comme moi en ce qui concerne leur maîtrise de l’écrit… il y a de quoi rire quand on se balade sur internet et qu’on récolte leurs coquilles comme les feuilles mortes à l’automne !
http://www.leparisien.fr/societe/les-francais-s-estiment-bons-en-orthographe-06-11-2013-3291535.php

Je me suis donc demandé si je faisais partie de ces 80 % ou si mon orthographe était réellement à la hauteur de mon estimation.

Qu’est-ce que le Certificat Voltaire ?

A l’instar du TOEIC pour l’anglais, il permet de déterminer votre niveau d’orthographe. Il se présente sous la forme d’un examen de trois heures, à l’issue duquel vous obtenez un score sur mille.

Il semblerait que 82 % des recruteurs soient sensibles à cette discipline  quand ils sélectionnent des candidats. Un bon niveau au certificat apporterait donc une plus-value à votre CV.

Au-dessous de 300, votre orthographe est dite « technique ».

Entre 300 et 500, vous avez une orthographe « professionnelle ».

A partir de 700, vous maîtrisez l’orthographe « des affaires ».

Au delà de 900, vous êtes expert et pouvez légitimement travailler comme relecteurs-correcteurs, rewriters, traducteurs, formateurs, coachs…

Je me suis donc fixé un but : être experte… c’est à dire avoir un score au moins égal à 900/1000, minimum pour être une correctrice digne de ce nom et non une correctrice autoproclamée comme il en pullule sur internet.
Comme je suis de nature à « m’autopressuriser », un néologisme pour expliquer que j’ai tendance à me mettre une pression démesurée dès que j’entreprends quelque chose, comme je suis du style, lorsque j’obtiens un 18/20, à me demander comment j’ai fait pour perdre « bêtement » 2 points, j’ai décidé de mettre toutes les chances de mon côté.

Quel livre pour s’y préparer ?

J’ai d’abord commandé le livre « Optimiser son score au certificat Voltaire » de Marie-France Claerebout. Il était celui qui me semblait le plus complet.
Mon avis au passage : il est particulièrement bien fait et balaie tous les thèmes nécessaires à la réussite du certificat (j’entends par réussite l’obtention des 900 points). Il donne, non sans humour, quelques moyens mnémotechniques fort utiles, offre l’occasion de mettre en application les règles nouvellement acquises et contient plusieurs liens vers des documents complémentaires téléchargeables sur internet permettant d’approfondir son entraînement. Cerise sur le gâteau, il propose en fin d’ouvrage un certificat Voltaire blanc qui donne un aperçu de la « bête ».
Avec son aide, on peut espérer atteindre son but.
Mais il faut beaucoup, beaucoup d’investissement.
Son défaut ? Pour moi, certaines règles méritent de la pratique, une longue pratique. Leur compréhension ne se fait pas après deux ou trois phrases mais une bonne vingtaine, notamment celles qui concernent les participes passés et les nombreux verbes qui constituent les exceptions.
Exemple  : il se sont aperçus de leur erreur, avec un S au participe passé… mais ils se sont plu à commettre des erreurs. (sans S).
Elle s’est lavéE (avec un e) ce matin… mais elle s’est lavé (sans e) les mains.
Elle s’est arrogé (seulement un é) de nombreux droits… mais elle s’est emparéE (é puis e) de nombreux droits.
Vous ne comprenez pas pourquoi ? Inscrivez-vous donc au projet Voltaire !

Et donnez-leur mon code parrain Certificat Voltaire : Y5RN96CB, vous bénéficierez d’une réduction pour passer l’examen.

La formation projet Voltaire en ligne.

Après avoir acquis ce livre et encore dubitative, je me suis inscrite au module « excellence » du projet Voltaire.
J’y ai passé 21 heures.
Mon but était de finir les évaluations avec non pas une, ni deux, mais aucune erreur.
Je voulais absolument faire un sans-faute, puisque je sais qu’un domaine maîtrisé à  120% à la maison donne 80% en examen avec le stress.

J’ai donc obtenu mon 0 fautes à chacun des sous modules.
J’y ai acquis des règles inconnues, des exceptions, des subtilités. Un exemple : j’ai appris la différence entre « ceci » et « cela » , j’ai compris pourquoi on disait, d’une part, « de bonnes gens »  et d’autre part, « des gens bons », j’ai enfin aperçu la subtilité de «opprobre »  qui n’en n’a pas l’air mais qui prend un R. J’ai découvert que les nouveau-nés n’avaient pas de X  même si certains naissaient avec deux X et d’autres avec un X et un Y ! Et j’ai même compris pourquoi !
Le défaut de la formation en ligne : le sexisme des phrases choisies.  Elles sont souvent issues du monde de l’entreprise et à chaque fois, la femme est subalterne, le dominant économique est un homme… ça avait l’art de m’escagasser plus que sérieusement !
La pire formulation fut la suivante : « les femmes aiment causer chiffons », trouvez l’erreur… j’aurais bien cliqué sur l’ensemble de la phrase, une erreur à elle seule !
Apprenez, Messieurs du Certificat Voltaire, que les femmes aiment « causer » orthographe, politique, création d’entreprise… il arrive même que certaines d’entre elles votent ! Oui oui !

Une fois ce module terminé, quatre jours avant l’examen, inquiétude : « et si maintenant, je maîtrisais les règles subtiles tout en ignorant les règles de base? »
Allez hop, inscription au module « supérieur », grâce auquel j’ai tout de même retenu quelques nouvelles exceptions. Vu le coût, ça m’a fait 10 euros la nouvelle règle… c’était cher payé mais j’ai bien dû grappiller quelques points supplémentaires au certificat.
Rien à dire sur ce module si ce n’est le même et insupportable sexisme permanent, ces messages subliminaux qui nous ramènent, nous les femmes, dans nos cuisines, nos magasins de mode, notre maternité pendant que ces messieurs font des allocutions, ordonnent moult travaux à leurs serviles secrétaires et organisent la vie de l’entreprise.

Comment se passe l’examen ?

Et sinon, le jour J ?
Ah le jour J !
Tu te réveilles à l’aube, tu arrives en avance parce que tu n’as pas bien compris où se trouvait le centre d’examen et que tu prévois du temps pour le chercher, tu observes les autres candidats : l’un révise jusqu’à la dernière seconde, l’autre trifouille sur son smartphone, un autre encore semble incroyablement détendu… puis tu t’installes. Tu présentes ta carte d’identité, tu choisis une table, tes battements cardiaques accélèrent un peu et tu sens la giclée d’adrénaline qui traverse tes veines. Tu réfléchis à la date de ton dernier examen, il y a bien longtemps… Tu perds une décennie en quelques secondes.

L’épreuve commence par une dictée de trois lignes, assez simple, du style : « les enfants jouent dans la cour ».
Je ne comprends pas bien l’intérêt mais je suppose qu’il y en a un : repérer une dyslexie ou un autre trouble dys peut-être ?

Ensuite, 195 questions dans chacune desquelles 3 mots sont soulignés.
En regard (ceux qui ont travaillé sur projetvoltaire.fr comprendront pourquoi j’utilise cette formule), une grille composée de quatre cases pour chaque phrase : vous noircissez celles correspondant au mot souligné mal orthographié et, en l’absence de fautes, vous noircissez seulement la quatrième case.

La durée réelle est de deux heures. Les trois heures prennent en compte l’installation, la mini dictée, l’explication du déroulement de l’examen, etc.
J’ai fini en 1 heure. En fait, remontée comme une pendule comme je l’étais, préparée comme une athlète, le top départ m’a davantage semblé être un coup de révolver au lancement d’une course de vitesse qu’un examen d’orthographe !
J’ai pris le temps de relire l’intégralité, de déguster l’eau de ma bouteille à petites gorgées, de regarder les autres candidats… et j’ai attendu que l’un d’eux quitte la salle avant de le suivre car je n’aime pas me distinguer ! J’ai donc signé mon bordereau de sortie après une heure et quart environ.

J’ai trouvé l’examen beaucoup plus facile que la préparation sur leur site  puisque vous ne vous interrogez que sur les mots soulignés.  Si vous doutez d’un autre mot, aucun problème, vous n’avez même pas à vous poser la question.
De nombreux thèmes de la préparation ne sont pas abordés, ce qui est parfois frustrant. Mais oui, je les connais, les pluriels des couleurs ! Et je me souviens comment choisir le nombre de t pour les mots en « ote » ou « otte » ! Et les traits d’union ! Je vous aurais bien prouvé que je savais les placer…
Afin d’assurer un minimum de points, certains mots soulignés ne posent aucun problème. Exemple, dans la phrase « les voitures sont garées pendant une heure et demie », ils vont souligner « voitures », « garées » et « demie ». Pour garées, il suffit de faire remonter à son esprit  la règle sur les participes passés, pour demie, on appelle la règle sur « demi, demie, demis, demies… » mais pour voitures, le point est facilement gagné.
Chaque phrase contient un mot simple souligné, ce qui permet à tous les candidats de rentrer avec un ego peu écorné : impossible d’obtenir un zéro !

Mais attention ! La préparation doit être rigoureuse. Pour info, j’ai passé 21 heures sur le module « excellence », et quelques unes tout de même sur le module « supérieur » alors que j’étais considérée comme ayant une très bonne orthographe depuis l’école primaire jusqu’à la fin de mes études, que j’ai complétées par une année de fac consacrée aux lettres.
J’ai par ailleurs travaillé avec le livre de Marie-France Claerebout. J’ai noirci un cahier avec toutes les règles apparemment tordues (mais qui ont souvent leur raison d’être), l’origine des mots, les raisons des exceptions, etc.  Eh oui, je le disais, les couleurs au pluriel, les mots composés, les chiffres, les noms en « ote » ou en « otte » n’ont plus de secrets pour moi ! Même les majuscules dans les titres des œuvres sont devenues mes amies.

Pourtant… J’ai encore faim ! C’est addictif. Le cerveau prit goût à l’apprentissage quotidien et se retrouva fort dépourvu quand l’examen fut venu.
Par gourmandise, j’ai donc ajouté le module orthotypographie.
J’ai laissé passer une semaine de vacances pour faire pauser les acquisitions puis j’y suis revenue.

Et alors ? Ca donne quoi le rapport préparation / réussite ?

A la préparation, on doit trouver soit une soit aucune faute dans l’ensemble de la phrase ce qui est plus compliqué, surtout lorsqu’on a un petit mot traître de type « ou » ou « où » et qu’on regarde le verbe conjugué, laissant échapper faute d’attention, la perfide préposition (ou conjonction de coordination selon le cas) !

Au final, à l’examen, aucune surprise, aucune règle nouvelle qui n’aurait pas été traitée lors de la préparation. Aucune chance d’être déçu si on a bien travaillé !
Mon seul souci a été la formule « à toutes jambes » que  je n’avais ni révisée ni rencontrée auparavant. Mon instinct me poussait à mettre un s mais mon instinct m’ayant souvent induite en erreur, j’ai opté pour l’inverse, puisque l’on écrit « à pied » et non « à pieds » et… j’ai eu tort !
J’ai parfois hésité sur des mots que je connais sans problème habituellement comme « elle absout » où tout à coup, crise de folie hallucinatoire, j’ai vu un d… mais le contexte d’examen y est pour beaucoup.

Je suppose que maintenant,  le moment est venu de vous demander : « et alors ? Combien a-t-elle eu ? » à moins que, faute d’inscription au projet Voltaire, vous ne vous disiez : « et alors ? Combien est-ce qu’elle a eu ? »
Ah, combien ai-je eu à votre avis ?
Eh bien allez voir la page « qui sommes-nous », mon score y est indiqué !

Et n’oubliez pas de leur donner mon code parrain Certificat Voltaire : Y5RN96CB, vous bénéficierez ainsi d’une réduction pour passer l’examen.

2 réponses sur “Mon avis sur le Certificat Voltaire”

  1. Bonjour,
    Je vous remercie pour la publication de votre code « parrain », du coup j’ai pu bénéficier de la réduction.

  2. Bonjour,
    Merci pour votre témoignage sur le certificat Voltaire et merci aussi pour le code promo !
    Cordialement
    Geneviève

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