Mon deuxième avis sur le Certificat Voltaire

Eh oui, j’ai dû le présenter à nouveau, il avait expiré ! Pour ceux qui m’avaient suivie, j’avais obtenu 953 points en 2017 et raconté mes aventures à ce sujet. Malheureusement, la certification Voltaire n’est valable que 4 ans. J’ai donc plongé le nez dans mes révisions et j’ai repassé ce certificat d’orthographe. Il y a eu des évolutions (et pas que des bonnes !).

Je vous explique (à nouveau) tout sur le Certificat Voltaire.

Examen du certificat Voltaire

Je ne vous rappelle pas ce qu’est le Certificat Voltaire ?

Bon, alors… je ne vais pas vous faire l’affront de vous rappeler que le Certificat Voltaire est une référence en orthographe aujourd’hui et qu’un score à la certification Voltaire de :

  • 300 points est destiné à ceux qui ont besoin d’une orthographe technique pour rédiger des textes simples,
  • 500 points, ça correspond à une orthographe professionnelle, plus élaborée,
  • 700 points, concerne l’orthographe des affaires, pour les emplois d’encadrement,
  • 900 points, c’est l’orthographe des experts, la crème de la crème, le haut du panier, le top du top… Oups pardon, je m’égare ! Nan ! 900 points, c’est juste pour ceux qui sont payés pour écrire et doivent éviter de semer des fautes comme l’automne ses feuilles mortes, à l’instar du Huffington Post ou de Yahoo actualités où ils n’ont même plus honte (allez, 2 ennemis en une ligne !).

Vous le savez déjà, les entreprises qui y sont sensibles sont légion (sans S, faites donc la préparation du Projet Voltaire !). La certification Voltaire est donc une ligne de plus sur votre CV.

Cela dit (et pas ceci dit 😉, allez donc voir le module Excellence et vous saurez pourquoi), on peut passer aux choses sérieuses. Le projet Voltaire est bien plus célèbre que la certification Le Robert, que je tenterai aussi un de ces quatre. Il n’a (presque) plus de secrets pour la plupart des étudiants et de ceux qui exercent une activité professionnelle.

Qu’est-ce qui a changé dans le Projet Voltaire et ses modules ?

Je vais d’abord être un peu moins sympathique avec eux, mais rassurez-vous, j’en pense toujours du bien 😉

Alors, déjà, ils ont pris le melon… et ça, je n’aime pas. Ils ont ce que j’appelle le syndrome d’Apple… quand le marketing prend plus de place que les valeurs… on a l’impression qu’au départ, il y avait un réel amour de la langue française et que maintenant, faut faire rentrer des soussous. Et les ficelles sont trop visibles. Certains trouveront ça bien, moi, ça me dérange.

Je m’explique, quand ils étaient encore méconnus, par exemple, ils proposaient un code parrain qui offrait une (mini) réduction sur les examens suivants. Du jour au lendemain, alors même que l’on avait cumulé quelques filleuls, paf ! Ils le suppriment sans préavis.

Or j’ai horreur de ceux qui changent les règles en cours de jeu. C’est irrespectueux et ce n’est pas fair-play (pardon pour l’anglicisme… ça ressort quand je suis agacée !).

Ensuite, j’ai un autre souci : ils nous parlent de l’ancrage mémoriel, une super méthode brevetée qui permet aux informations de rester stockées en profondeur dans notre cerveau. Et ça marche ! Je confirme, quand c’est entré, ça ne ressort plus… pourtant, le certificat se périme en 4 ans… Alors, c’est ancré ou pas ancré ? Si c’est ancré, pourquoi le repasser ? Il y a un souci dans leur communication marketing, là, nan ?

Enfin, l’avant-dernier gros problème pour moi : comme chez Apple, ils vous volent de plus en plus votre autonomie. Là encore, je m’explique. Certains modules de la préparation exigent de laisser passer un certain nombre d’heures. Par exemple, vous terminez le dernier niveau de « Supérieur » et vous voulez enchaîner sur le test… bah non ! Pas possible ! Vous devez attendre le lendemain ou le surlendemain parce que « des » études (lesquelles ? Mystère !) ont montré que laisser passer du temps était plus efficace… sauf que (oui, je sais que « sauf que » ne s’écrit pas) sauf que… vous connaissez un seul domaine dans lequel 100 % des gens fonctionnent de la même façon ? Vous avez entendu parler des profils atypiques ? Des TDA/H qui peuvent faire de l’hyper-focalisation et ne sont efficaces dans la durée qu’à condition de ne pas décrocher avec une pause ? Et je parle de quelque chose que je connais bien… et les profils atypiques, il y en a d’autres !

Bref, laissez-nous gérer notre préparation comme on l’entend ! N’imposez pas, proposez !

Enfin, ils ont ajouté de la grammaire sur les verbes pronominaux avec des explications totalement incompréhensibles… et à chaque fois que je loupais, ils me remettaient ce panneau d’explications pas claires, avec un délai minimum durant lequel je ne pouvais pas cliquer… finalement, comme j’étais bloquée et ne comprenais rien, j’ai pris en photo les réponses, et j’allais chercher ensuite la réponse dans mes photos. J’ai finalement compris en farfouillant ailleurs sur Internet. Les différences entre les verbes essentiellement pronominaux, pronominaux autonomes, sens passif, etc., quelle barbe ! Mais QUELLE BARBE ! Encore un truc qu’ils ont ajouté et que l’on n’avait pas en 2017. Un truc sans lequel je vivais fort bien et en compagnie de mes participes passés toujours parfaitement accordés ! Ça, c’est le petit coup de naphtaline qu’ils n’ont pas pu s’empêcher d’ajouter dans leur formation pourtant si moderne et dans l’ère du temps ! (Outre une petite phrase d’exercice insupportable dont je reparlerai et qui me fait sauter au plafond sur les femmes qui aiment causer chiffons, à croire qu’ils aiment jouer la provoc !).

Maintenant, passons aux bonnes choses

1 – Ils ont viré presque toutes leurs phrases sexistes. Merci ! Un très grand merci ! En 2017, les femmes étaient reléguées aux postes d’assistantes et de secrétaires, soumises à ces messieurs qui dictaient leurs ordres. C’est du passé. Projet Voltaire est revenu au XXIe siècle !

Ils ont cependant conservé une petite phrase désagréable dans le module supérieur, celle dont je parlais tout à l’heure : « Les femmes aiment causer chiffons », il ne manque que « Les hommes aiment causer bagnoles » et on aura le combo ! Franchement… « peut mieux faire », mais il y a « des progrès, persévérez ! ».

2 – Autre bon point, leur community manager ! Ah ! Gardez-le ou gardez-la, celui-là ou celle-là ! C’est la personne qui gère leurs réseaux sociaux. Pleine d’humour, réactive et vivante, cette dernière rafraîchit ce qui peut parfois paraître poussiéreux dans l’orthographe. Elle retire la naphtaline (encore elle) et la remplace par des bouquets parfumés, et ça, c’est vraiment sympa !

En effet, leurs pages Facebook proposent régulièrement des petits jeux, traquent les fautes dans les publications, partagent avec nous des calembours et contrepèteries… bref, on s’y amuse. Suivez-les, vous ne le regretterez pas ! C’est par là !

3 – Ensuite, l’examen du Certificat Voltaire : il est fluide, facile d’accès, l’accueil est sympathique. Rien à dire. Pensez à apporter des feuilles de brouillon, elles sont autorisées, mais ils ont refusé de nous en donner. Une candidate a donc partagé les siennes avec les autres, merci à elle !

Bémol : la présentation des règles a posé un problème à certaines candidates : en effet, ils demandent de « cocher » les cases, alors qu’il faut les noircir. Cela change tout. Si vous cochez vos cases, c’est mort. Ils devraient donc reformuler leurs consignes. Ce sont des pros de la langue française.

4 – Le tarif. Pour l’instant, cela reste accessible. Autour de 59 euros pour passer l’examen, entre 40 et 50 euros les modules principaux, Supérieur et Excellence. Ce n’est pas rien, mais comparé au prix de certaines formations, cela reste abordable.

5 – La reconnaissance de la certification. Comme je le disais en introduction, il n’est plus nécessaire de la présenter. Tout le monde sait ce qu’elle vaut. Elle est parfaite pour ajouter une ligne sur son CV. Sans aucun doute, elle le valorisera si vous obtenez le nombre de points attendu.

Je nuancerai cependant pour ceux qui visent le statut d’expert : on NE PEUT PAS se proposer comme correcteur après avoir passé l’examen, même avec plus de 900 points. Personnellement, j’avais encore des lacunes en 2017 avec mes 953 points et j’ai beaucoup appris en dehors. Optez pour une formation complémentaire. Je mets ma main à couper qu’ils en préparent une pour nous faire revenir. Sinon, je leur donne l’idée, voilà 😉

Et l’examen, ça se prépare comment aujourd’hui ?

Alors déjà, c’est complet presque partout, surtout autour de chez moi en Région parisienne. Ce n’est pas pour rien qu’ils ont pris le melon ! J’ai donc décidé de m’inscrire dans la Baie-de-Somme et d’intégrer l’examen dans un petit week-end sympa en famille. Direction Abbeville.
Là, mon fils, 18 ans, me sort qu’il veut venir avec moi.
Moi, stupéfaite : « tu veux bosser l’orthographe cet été ? »
Lui : « oui, c’est marrant ! ».


« Marrant » n’est pas le terme que j’aurais choisi pour lui ! Bref, je nous inscris tous les 2. Je me mets à réviser comme Hermione Granger dans Harry Potter… vous voyez, le genre de fille laborieuse, celle qui veut tout connaître, ne rien rater…

Parallèlement, Fiston n’en fout pas une rame, il a toujours mieux à faire que de réviser ou apprendre l’orthographe… nos vacances sont de plus en plus tendues et, à bout de nerf, je lui lance :
« Je te préviens, si tu ne fiches rien et que tu as moins de 500 points, tu me rembourses l’examen et la préparation avec l’argent de ton stage ! » (Nanméo !).

Il continue de ne rien faire et je continue de travailler. En fait, je dis ça, mais je suis allée très vite. J’ai voulu refaire tous les modules et je les ai enchaînés. C’est d’ailleurs pour ça que j’étais très énervée qu’ils imposent des délais d’attente entre certains niveaux.

 Et le jour J…. Tadam ! (Non, on n’optimise pas les sous-titres aujourd’hui !)

À l’examen : 2 hommes, un monsieur aux cheveux gris et mon fils de 18 ans. 10 femmes de tous les âges. Chacun et chacune prend une place derrière une table double.

On nous énonce les consignes. On nous indique l’heure du début et l’heure de fin (3 heures maximum entre le franchissement du seuil à l’entrée et le retour de notre nez dehors, dont 2 heures pour répondre aux questions).

On a tous un dossier différent pour éviter de copier. Je pense que ce sont les mêmes phrases, mais pas dans le même ordre, d’après mes échanges postérieurs à l’examen avec Fiston.

Comme avant, une petite dictée simple de 3 lignes (mais plus compliquée qu’en 2017 car ils ont intégré des mots accentués), puis les fameuses 200 questions.

Une première partie notée sur 700 points, celle qui concerne les règles de base, et une autre sur 300, relative aux difficultés sur lesquelles tomberont davantage les experts de la langue ou de l’écriture, la crème de la crème, le top du top, vous me suivez ou vous avez zappé la première liste à puces ? 😉

Seuls les mots soulignés sont à analyser. Il y en a 3 par phrase. Vous avez une grille sur une autre feuille et vous devez indiquer pour chaque phrase s’il y a 1, 2, 3 fautes ou 0. (vous avez vu la pirouette ? J’avais un doute sur le S de faute après 0, 1, 2, 3 !).

Si vous vous trompez, vous avez une feuille de rechange, mais attention ! Cette feuille aura toujours la priorité sur la première… donc impossible de revenir en arrière. Réfléchissez bien avant de vous corriger !

Et moi, comme j’avais la tête dans le… j’ai sauté une ligne… et je me suis retrouvée à devoir écrire sur la feuille de correction dès le début.
Heureusement, je suis retombée assez vite sur mes pieds.
Prévoyez éventuellement une règle pour ne pas faire comme moi !


Et alors ? On a quel score au Certificat Voltaire, Fiston et moi ?

Allez, je ne vous fais pas mariner pour rien, j’ai eu 979 (au-dessus de 99,6 % des candidats). Et je sais même où je me suis trompée. Et je suis furieuse contre moi-même. Des fautes idiotes. Je ne savais plus écrire convaincre au présent (non mais franchement, y a des pièges un peu plus gros qu’un verbe au présent !) ni si la couleur violette s’accordait (pfffff, la réponse est dans la question !).

Fiston, qui n’a rien fichu, rien foutu, qui a « glandouillé » tout l’été, ne s’est pas retrouvé fort dépourvu quand la bise fut venue… Alors qu’il a fait en vitesse le module Supérieur (sous ma pression) et seulement 4 niveaux du module Excellence (mais il a une mère enquiquinante, et ça… ça aide !), a obtenu 787 (au-dessus de 90,6 % des candidats). Cela veut dire qu’il aurait pu faire mieux que moi s’il s’était un peu plus remué le… système neuronal !

Bon, inutile de vous dire que maintenant, ce jeune homme me nargue et argue que l’orthographe ne se travaille pas, mais se devine… ce qui est très discutable ! Et la fripouille d’ajouter : « comme t’as taffé juste pour obtenir même pas 200 points de plus ! ».


Je lui ai quand même demandé comment il avait fait avec aussi peu de travail et il m’a répondu : « c’est tout simple, si c’est moche, y a une faute, si c’est joli, c’est que c’est bon ! ». On se demande donc pourquoi il existe tant d’ouvrages sur le sujet vu comme l’orthographe française est simple et esthétique !

Globalement, j’ai trouvé bien moins amusant de le repasser, j’avais l’impression de redoubler. Je n’avais rien oublié, la preuve, je suis passée de 953 à 979.

Ça n’était pas un déplaisir, car la langue française est ma marotte, mais je ne le repasserai plus. J’irai sans doute tester les autres. Je réfléchis cependant au module « Expressions » qui me tente quand même (mais la gourmandise est un vilain défaut !).

Pour résumer, le Certificat Voltaire mérite d’être passé une fois, mais comme un bon whisky, « un verre, ça va, 3 verres… ».

Ah, j’oubliais, si j’ai laissé des coquilles (car oui, même avec ce score, on en sème), dites-le moi dans un commentaire, car les fautes d’orthographe sont comme les enfants pas sages, on trouve toujours plus désagréables celles des autres !
Et quand vous en repérerez dans ce texte, ça vous fera peut-être comme à moi, lorsque je vois le prof de ski se prendre une gamelle sans gravité, c’est plutôt amusant !

4 réflexions sur « Mon deuxième avis sur le Certificat Voltaire »

  1. Super retour, merci Emma.
    Je me demande si tu ne devrais pas les aider à reformuler leurs consignes, car il y a quand même une grande différence entre le verbe « cocher » et « noircir » ou « remplir » une case, ;).
    Alors autant j’aime apprendre, autant l’idée d’être enfermée 3 heures pour passer un examen me terrifie. Tu es courageuse de l’avoir repasser également car rien que revoir des choses que je sais déjà me donne l’impression de perdre du temps.
    Félicitations pour ce nouveau record, et on attend avec impatience que tu testes d’autres certificats que le Voltaire, :).

  2. Merci, Magali pour tes félicitations !
    Je te rassure, 3 heures, c’est le temps alloué. Or les règles, soit tu les connais, soit tu ne les connais pas, ça ne sert à rien d’y passer du temps, donc on a presque tous fini bien avant la fin 🙂

  3. Tout à fait d’accord avec toi, la partie des verbes pronominaux est insupportable et à mon sens inutile et m’a plutôt embrouillé le cerveau qu’autre chose. Alors que je ne fais pas de fautes sur ce sujet, j’ai dû refaire ce module au moins 20 fois avant de piger, et ça n’est pas grâce aux explications de Voltaire qui étaient incompréhensibles !
    Je trouve aussi que les questions ne sont pas forcément intéressantes et représentatives des besoins en écriture pour la vie professionnelle et estudiantine, mais plus pour des littéraires dont écrire est le métier. Il manque aussi des sujets, comme les mots composés et leurs pluriels.
    Et pour avoir vu mes étudiants réviser, j’ai pu constater qu’il sont plus dans le bachotage que dans l’ancrage mémoriel : beaucoup veulent juste repérer les fautes et s’en fichent de la bonne orthographe s’ils ne sont pas accompagnés par un prof et comme ils révisent juste avant l’exam, ils ont tout oublié juste après…

  4. Merci, Alix, pour ton témoignage. C’est d’autant plus intéressant que tu en as l’expérience en tant que formatrice.
    Et je me sens moins idiote, maintenant, de savoir que je ne comprenais rien à leurs explications sur les verbes pronominaux !

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